"Dañs Fañch " ou "dañs Plin" désignent rigoureusement la même chose. Les gens du pays fañch désignent leur danse par le nom "Fañch " au besoin précisant "dañs Fañch, dañs-a-blinn ". J.M. GUILCHER précise que les gens de MAEL-CARHAIX appelaient cette danse "dañs plon" (danse de Plounevez-Quintin).

Le terme de "pays plin" que l'on emploie maintenant, n'était pas employé par les anciens.

Définition du mot "Plin"
PLEN, PLIN ne sont que des acceptations dialectales ; terme qui sous-entend plus l'idée de sobriété, de continuité, de régularité, plutôt que de platitude, au sens littéral du mot.

Terroir
Cette danse ne se rencontre en Basse-Bretagne que dans la partie des Côtes d'Armor comprise, au sud de Guingamp, entre la limite linguistique à l'est et une ligne Callac – Maël-Carhaix à l'ouest. La zone où la " dañs plin " peut être considérée comme traditionnelle comprend le pays " Fañch ", terroir de la coiffe dit Fanch, plus une zone nord qui va jusqu'à Bourbriac et Callac, pays où la coiffe trégorroise est d'apparition récente, mais où l'on danse plin.

A l'ouest, la danse plin vit en doublet avec la gavotte, traditionnellement plus ancienne, que se soit au nord-ouest avec la dañs-tro-plin ou au sud-ouest avec la dañs-tro-fisel et vers le sud en pays Kost-er-hoad. Les échanges sont multiples, les zones de danses se chevauchent sans qu'il n'y ait d'équivoque sur l'appartenance d'une commune à l'un ou l'autre pays.

Description de la danse
La " dañs plin ", couvrant un terroir ouvert à différentes influences, laisse apparaître des diversitées quant à la formule d'appuis, l'ampleur des rebondissements.

> FORME  : C'est partout une ronde tournant vers la gauche, danseurs et danseuses alternés, perpendiculaires à la ligne de danse.

> TENUE  : Les danseurs se tiennent serrés, se donnant le bras et la main, bras droit sur le bras gauche de danseur qui suit, coudes légèrement tirés vers l'arrière, sans exagération. La ronde doit avoir une extrême cohésion pour que le pas puisse être exécuté synchroniquement par tous.

> FORMUES D'APPUIS  : C'est une danse en quatre temps, qui se répètent. Deux formules d'appuis différentes ont pu être observées sur tout le territoire de la dañs-tro-plin, avec chacune deux trajets au sol différents : ce qui va se traduire par 4 versions.

Le style
Il semblerait que plus que l'application des formules de pas, ce qui importe est beaucoup plus le style et la technique des danseurs. L'idéal reconnu est toujours de danser " plin ". A l'idée de continuité et régularité que ce mot implique, s'ajoute plus ou moins consciemment pour les danseurs l'idée de sobriété et souvent celle d'étroitesse des gestes !

C'est grâce à cette constante de styles dans toutes les formules que les danseurs se côtoient avec harmonie dans la même ronde.

Description de la suite
La suite " plin " traditionnelle, sur le territoire que nous avons défini, comprend : DANS TRO, BAL, DANS TRO. Les respect de la tradition chantée ou sonnée, typique de toute la montagne (ton simple, bal, ton double), est moins rigoureux qu'en pays de gavotte, mais cet enchaînement est de loin le plus courant.

 

Pour les besoins du concours, les hommes dansent ensemble ainsi que les femmes

Description du bal

La 1 ère dans-tro terminée, les danseurs demeurent sur place. Dès l'attaque des première note annonçant le bal, le danseur se tourne vers sa cavalière de droite.


Les couples ainsi formés, main gauche dans main gauche et main droite dans main droite. Tout d'abord, les couples font une balade sur 16 temps, sur un pas de marche calme, sobre, d'un tempo nettement plus lent que celui de la dans tro.

Ensuite, c'est la figure du bal qui se fait, sur le même pas que celui de la danse tro. Cette figure a le plus souvent 24 temps.

Mais attention ! … Les couples évoluant sur les rayons de la ronde, les cavaliers à l'intérieur devront exécuter leur temps 1 vers l'avant et non sur la gauche.

Temps 1 : progression vers l'avant
Temps 2 : sur place
Temps 3 - 4 : sur place.

En ce qui concerne la fin du bal, les deux derniers temps : Temps 3 : Appui pied G. La jambe droite se lève à peu près à la hauteur de la cheville G. Temps 4 : Appui pied D. La jambe gauche se replie vers l'arrière. Elle est proche du parallèle au sol.

Cet effet se perçoit à peine, du fait de l'exécution rapide du mouvement. La partie ballade sur le bal se commence toujours du pied gauche.