La chapelle Notre-Dame du Danouet
(Itron Varia an Danoued)

Dès l’origine, la fête du Danouet fut destinée à la restauration de la chapelle : celle-ci aussi a son histoire et son originalité. D’après Couffon « la chapelle est un édifice de plan rectangulaire avec chapelle latérale au nord du chœur. Le chevet est éclairé par un beau fenestrage du XIVème siècle identique à celui de Restudo en Saint-Péver. L’une des fenêtres, avec ses meneaux fleurdelysés, date du début du XVIème siècle ainsi que la porte ; le clocheton est moderne. À l’intérieur, beau balustre du XVIIème siècle ». Un autre auteur, Jollivet, notait au XIXème siècle que « Notre-Dame du Danouet, patronne très vénérée et à laquelle on attribue un grand nombre de miracles,

a une chapelle fort en renom que visitent chaque année de nombreux et fervents pèlerins, la plupart y apportant quelque offrande. Le pardon de N.D. du Danouet peut être considéré comme le Longchamp de Bourbriac, qui s’y porte en foule et continue la fête le lendemain chez lui. »

Autrefois, outre le grand pardon du premier dimanche d’août (actuellement le 15) on célébrait au Danouet les fêtes de la Chandeleur (2 février) et du mois de mai, mois de Marie. Le cantique en breton, dû à la plume féconde de l’abbé Loyer, signale que l’on demandait à la Vierge du Danouet de protéger les abeilles et les ruches : les apiculteurs lui portaient de la cire, de la paille et du blé noir.

 

Une anecdote

Au XVIIIème siècle, un seigneur auvergnat, le Marquis de la Fayette, avait épousé la demoiselle Marie-Louise de la Rivière, fille du seigneur de Kerauffret (en Saint-Adrien). Les bans furent publiés dans l’église paroissiale de Bourbriac le 21 avril 1754. Par cette union, Michel du Mothier de la Fayette devenait propriétaire foncier de plusieurs fermes de Bourbriac, notamment au Danouet et au Disquay. Ces possessions passèrent par héritage à leur fils, né en 1757, le fameux général qui s’illustra dans la guerre d’indépendance des États-Unis. Ce dernier, en 1775, entra en conflit avec le conseil de fabrique de Bourbriac au sujet de la chapelle. Le marquis prétendait étendre son autorité au point de nommer lui-même le fabricien du Danouet et d’y administrer les deniers provenant des offrandes.

Il s’ensuivit un long procès au terme duquel chaque partie dut lâcher du lest. Ce genre d’affaire était fréquente sous l’Ancien Régime. Rappelons enfin que « Danouet » signifie « Chênaie » : une partie des chênes qui ont servi à construire la charpente de l’église de Bourbriac venaient du Danouet.

Petit patrimoine

Deux calvaires sont situés à proximité du village : le premier, au carrefour de la route du Danouet et de celle qui va du Bourg au Helloc’h, s’appelle « kroaz an Danoued » ; elle porte l’inscription « F P (=fait faire par) (François)-Marie Le Coq – 1833 ». L’autre, ne comportant aucune inscription se trouve près de la chapelle.

Le village possède aussi sa fontaine de la Vierge : sagement adossée au talus d’un enclos voisin, elle donne généreusement son eau et attend une restauration.

D’après le livre de Jef Philippe : Bourbriac, église et chapelles (1982)